02 octobre 2009
LECTION DIVINA ET LE ROSAIRE(3)

Le Rosaire : de la lecture à la contemplation, avec Marie
Le Rosaire est une démarche de lection divina avec Marie. Dans un premier temps nous lisons un passage de l'Ecriture qui relate un mystère du Rosaire. Puis nous le méditons. Vient ensuite la prière : elle prend dans le Rosaire une dimension apostolique. Elle se traduit par une intention de prière qui accompagne chaque Mystère : ce sont tous les besoins des hommes que, dans le Corps du Christ, nous présentons à Dieu par Marie. Nous demandons que les Mystères de la vie du Christ transfigurent tous les hommes, dans la situation où chacun se trouve.
Enfin nous contemplons. Une dizaine de Réjouis-toi où la clausule est greffée sur le nom de "Jésus", sert de support à la contemplatio, du Seigneur tel qu'il s'est dévoilé dans le Mystère médité.
Le Notre Père
UIne dernière question se pose. Pourquoi la contemplation de chaque Mystère, est-elle précédé du Notre Père ? Cette pratique correspond à un sens très raffiné de la prière chrétienne, qui est adressée au Père, comme le Seigneur nous l'a appris justement dans le Notre Père. Toute prière est prière des fils à leur Père. Mais nous ne sommes fils que dans le Fils et à son image. D'où la nécessité de contempler longuement les mystères du Seigneur pour lui devenir semblable et dire avec toujours plus de vérité Notre Père.
Le Notre Père garantit la dimension chrétienne Chrétienne de la prière du Rosaire. Ce n'est pas une prière qui s'adresse à Marie mais au Père. Nous associons notre prière à celle de Marie qui exulte de joie en contemplant le Mystère du salut qui s'est déployé dans toute la vie de son Fils. Ce Mystère du Salut n'est pas autre chose que notre conversion : Jésus nous apprend par ses paroles et par ses actes à nous tourner vers Lui, en Lui, et par Lui, vers Notre Père.
Soeur Marie-Ancilla o.p.
29 septembre 2009
LA LECTIO DIVINA ET LE ROSAIRE (1)

La lectio divina nous introduit dans la véritable connaissance de l'Ecriture. Par elle, nous nous nourrissons de la Paorle, nous entrons en relation vivante, cordiale, avec le Christ ; notre coeur comme celui des disciples d'Emmaüs devient brûlant en découvrant la présence vivante du Seigneur dans l' Ecriture . Les Ecritures en effet, sont le prolongement de la chair du Christ, elles sont véritablement un sacrement. Tout en elles "rend le son du Christ", dit Saint Augustin. Et Jérôme : "Igrorer les Ecritures, c'est ignorer le Christ."
L'Ecriture est une page divine, une lection divina, car l'auteur en est le Saint Esprit. Par extension, cette expression en est venue à désigner une certaine forme de lecture de l'Ecriture Sainte : les Pères de lm'Eglise l'ont reçue du Judaïsme et, au Moyen Age, elle a pris unne certaine forme structurée avec Guigues, le Chartreux : "Un jour qu'occupé aux traveaux manuels, je m'étais mis à réfléchir sur l'exercice de l'hopmme spirituel, quatre degré spirituel se présentèrent à moi : la lecture, la méditation, la prière, la contemplation. C'est l'échelle des moines, celle qui les élève de la terre au ciel. Ces degrés ne sont pas nombreux,, mais ils sont d'une grandeur immense et incroyable. Leur base est fixée à la terre, leur extrémité supérieure pénètre les rues et entre dans les secrets des cieux. Les degrés se distinguent par leur nom et par leur nombre, aussi bien par leur ordre que par leur emploi./ [...] La lecture est un regard attentif jeté sur les Ecritures avec application de l'Esprit. La méditation est l'action studieuse de l'âme, recherchant sous la conduite de sa propre raison, la connaissance d'une vérité cachée. L'oraison est l'attention du coeur vers Dieu, pour éloigner le mal et obtenir le bien. La contemplation est l'élévation vers Dieu de l'âme de l'âme suspendue en l'air et goûtant les délices de l'éternelle douceur."
Le Rosaire est est une école parmi d'autres, qui permet de gravir les quatre degrés de l'échelle de Guigues le Chartreux : la lecture la méditation, la prière, la contemplation. Il conduit plus précisément à la contempention des Mystères de la vie du Christ.
La contemplation des Mystères
Le coeur de notre prière, comme de toute notre vioe, est notre lien avec Jésus. Mais le Christ se ne s'atteind que dans son Mystère : il est l'envoyé du Père qui vient accomplir son desein de salut. Nous le touchons quand nous entrons dan son oeuvre de salut, quand au pied de la croix nous recevons l'Esprit qui nous donne l'intelligence du Mystère, quand nous entrons nous-mêmes dans une relation filiale avec le Père. L'Ecriture alors s'éclaire et, tous frères, nous sommes engagés dans la mission qui a été celle de Jésus : rassembler tous les hommes dans l'unité, les ramener au Père et ainsi glorifier le Père : la gloire du Père, c'est de voir venir à lui la foule de ses fils. N'est-ce pas là que se trouve le poids de son amour ? Ce:a chaque Eucharistie le réalise un peu p^lus en nous entrainant dans un mouvement d'ascension.
Chacun des actes de la vie de Jésus est tendu vers la passion et la résurrection, en reçoit un poids de vie, un poids de salut. Le coeur du Mystère, c'est bien la croix et la résurrection . Les Pères de l'Eglise ont ainsi appelé "mystères" tous les actes de la vie du Christ, de son Incarnation à sa Pâque. Ceux-ci ont un sens caché qui se dévoile sous l'action de l'Esprit, comme lorsque Jésus expliquait les Ecritures aux disciples d'Emmaüs. L'Esprit nous donne de saisir le sens caché. Tous les passages de l'Evangile portent en effet la marque trinitaire, de l'Incarnation et de la Pâque, de l'humilité. Bref, ils portent tous la marque du Mystère ; ils sont tous un moment de la réalisation du dessein de Dieu et sont donc reliés à tout l'Ancien Testament.
Les évangiles comportent quatre temps : l'enfance de Jésus, la vie publique, la mort et la résurrection ; se sont les quatre groupes de Mystères que comportent le Rosaire. Chacun exprime l'amour : la charité du Père qui veut faire de nous des fils dans son Fils, et l'amour présent dans le coeur du Christ. Que désire le Christ, sinon réaliser le dessein du Père, sa volonté ? Il est tendu vers sa Pâque, vers son passage vers le Père, pour nous entrainer avec lui.
Soeur Marie-Ancilla o.p. (à suivre)
24 septembre 2009
LA COMPASSION

La compassion brise le coeur
Acceuillir la compassion devrait se décliner au passif, car c'est d'abord accepter d'être accueilli, d'être recueilli, comme le prodigue accueilli avec des paroles de fête par son père qui se jette à son cou sans demander aucune explication, sans aucune question sur le passé. Accueillir la compassion c'est toujours dire avec le prodigue : "Je ne suis pas digne.." et supplier avec le centurion : "Dis une parole et je serai guéri". Le salut est une guérison puisqu'il nous rétablit dans la vérité de notre être d'enfant de Dieu, il nous remet en santé par rapport au péché qui nous a mené à la mort, il nous fait renaître à la vie
La démarche entreprise s'accompagne toujours d'une brisure du coeur. Ce qui se brise, c'est le coeur de pierre. Il est dur, donc capable d'être cassé. Et s'il rerncontre un amour compatissant, il se brise, car l'amour est transformant. On s'attendait à être jugé et l'on se retrouve libéré. Le coeur de pierre peut devenir un coeur de chair, renouvelé, "un coeur liquide" selon l'expression du curé d'Ars. Le coeur de pierre, dans sa dureté, demeure sous l'emprise de la crainte, justement celle de se casser. Mais s'il devient liquide, il ne craint plus rien : il ne sait que couler !...
SOEUR DOMINIQUE RACINET o.p.
(extrait du livre : Saint Dominique, le visage d'un coeur)
17 août 2009
AVIS DE RECHERCHE

Le Père Guy Gilbert lance un AVIS DE RECHERCHE Nom : JESUS CHRIST Titre : Seigneur Nationalité : Juive Lieu de Naissance : Bèthléem – Judée Filiation : - Père : Dieu, Créateur de l’univers. C’est l’Esprit d’Amour qui les unit. Et nous fait comprendre la Trinité. - Mère : La Vierge Marie Particularité : Vrai Dieu par son Père Vrai homme par sa Mère Caractère : Doux – Humble – Tendre – Compatissant – Miséricordieux et fidèle. Profession : Libérateur Mission : Sauvetage de quiconque l’appelle au secours. Permanence : 24 h / 24 Résidence habituelle : L’église la plus proche de là où tu es. Sa présence réelle est indiquée par une petite lumière rouge. Résidence secondaire : Ton cœur. Il souhaiterait faire de sa résidence Secondaire sa résidence principale. (cela dépend de toi) Résidence permanente : Le Royaume de son Père. Il a réservé une place pour toi Ce passeport tient lieu d’invitation. Signes distinctifs : - a été torturé (pour ne pas te laisser tomber - Porte les marques de clous dans les mains et les pieds - A le cœur transpercé mais est toujours vivant. - Groupe sanguin : Donneur universel, mais il a donné tout son sang. Visa : Ont droit, en priorité, à un visa permanent : les paumés, marginaux, exclus, sans ressources,, personnes souffrantes, enfants, vieillards, mourants. ? Vaccinations : Contre la haine, violence, vengeance, jalousie, débauche, infidèlité, Mépris, drogue, angoisse, peur : 1) Sacrement de l’Eucharistie (Messe) - 2) Sacrement de Réconciliation (confession) Renseignements : - L’Esprit-Saint te fera comprendre - Un prêtre ou un la¨c peut t’y aider. Immunité garantie. Durée de validité : l’éternité.
03 août 2009
LES ENTRAILLES DU TOUT PUISSANT

Celui que Jésus appelle "le Père" est le seul père qui n'ait jamais été fils. Il est avant tout, à l'origine de tout, et d'abord du Fils éternel et de l'Esprit Saint.
Tellement 'avant' qu'Il est forcément 'caché : "Nul ne L'a jamais fait connaître". Seul Jésus pouvait Le faire connaître, puisqu'il est son Fils unique. Le faire connaître, et Le donner, car ce Père, le sien, est désormais le nôtre. La preuve, dit st Paul, c'est que l'Esprit crie en nos coeurs :"Abba !Père !"
Le Père est. Que fait-Il ? Il donne. Tout. Garde-t-Il quelque chose ? Non. Que garderait-Il, Lui qui n'a nul besoin, étant Tout Puissant ? Donc Il donne tout. Sans rien perdre, et sans retour : "Les dons de Dieu sont définitifs." Tel est le Père : non engendré et si généreux.
C'est pourquoi St Paul l'appelle : 'Le Père des Miséricordes'.
Quand dit-on qu'un homme est miséricordieux ? Quand il se préoccupe des misérables. Devant la misère, la pitié se désole sur le misérable, la compassion souffre avec lui ; Seule la miséricorde le relève.
La miséricorde donne autant qu'il faut, sans limite. Autant dire qu'il faut être fort et très libre pour être miséricordieux... Cela sied au Tout-Puissant. Au point qu'Il se manifeste par des actes de miséricorde plutôt que par des actions d'éclats.
Ce mot -'miséricorde'- n'a pas toujours existé.. Il est apparu dans la Bible, à partir du mot Hébreu qui dit les "entrailles" féminines. C'est la Bible qui révèle que Dieu aussi a des entrailles, et même bouleversées par notre misère, jusqu'à devenir le Père du Crucifié.
La signature préférée du Père, c'est la Miséricorde. "Dieu est amour". signifie d'abord "le Père est Miséricordieux".
Qu'elle est la plus grande misère de l'homme, sa plus grande détresse ? C'est le péché !
Le péché blesse l'homme, l'écrase, l'humilie, le torture, le détruit. Et l'homme ne sait que pleurer son impuissance devant le péché qui le rend misérable.
Heureusement, rien n'est impossible au Père. Souverain, il anéantit le mal ; Miséricordieux, il pardonne nos péchés. Sans se lasser, car en nous rien ne le répugne, pas même notre lâcheté. Le Tout Puissant est d'abord le Tout Patient.
Ainsi le Père prend son temps : sa Miséricorde se règle sur sa Sagesse. Nous devons être conscients... car nous acceptons sa Miséricorde mais nus sommes déroutés par sa Sagesse, sa façon de dominer les événements du monde et de notre vie. Le mystère du Mal, qui nous heurte tant, finit par nous rendre incurablement myopes, incapables de discerner les desseins de sa Sagesse.
Certains même se défoulent en accusant Dieu, en le niant ou en l'oubliant, alors que, aveugles, ils ignorent que sa Sagesse guide sa Miséricorde !
Immense est notre chance de connaître le Père, sa Puissance, sa Sagesse, sa Miséricorde. Et immense notre vocation : se laisser aimer par Lui, et l'aimer comme Jésus
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Fr. Jean Claude SAGNE O.P.
25 juin 2009
LA BONTE

La bonté peut nous aider énormément à lutter contre l'indifférence, l'égoïsme, l'hostilité naturelle que nous avons tous en nous. Un seul geste de bonté de notre part,et quelque chose d'essentiel à la vie humaine est réalisé.Et cela nous est aussitôt rendu. (...)
Recevoir un don nous conduit à en faire un à notre tour. Si l'on peut faire sentir à l'autre qu'il peut répéter ce geste, alors il sera reproduit à l'infini.
Imaginez le paradis sue ce serait.
L'Évangile dit :"celui qui fait le bien vient de la lumière."
Les personnes d'une très grande bonté convertissent leur entourage sans faire le moindre prosélytisme. Si l'autre s'interroge et remonte à la source, un jour il s'apercevra que celui ou celle qui a fait ce geste de bonté était chrétien. La bonté est une force de témoignage, une force de mission pour les indifférents et les athées.
La bonté est la preuve du mystère de Dieu. La charité la plus pure vient du coeur de Dieu. On dit qu'il faut "faire la charité", c'est bien, mais ça peut-être un refuge ou une échappatoire. La charité a tendance à n'atteindre que la surface de l'autre. Quelques sous dans la main tendue et basta ! Alors que la bonté atteint le coeur de nos frères et soeurs que nous rencontrons.
Seul Dieu peut nous permettre de vivre la bonté qui sauve de tout. Elle peut s'exprimer à travers des gestes simples ou les plus fous. Parcequ'elle est à la démesure du coeur de Dieu.
Elle est une source plus profonde que notre coeur puisque c'est le coeur de Dieu qui agit en nous. Les gestes fous sont possibles aussi. Souvenez-vous encore une fois du père Kolbe.
La bonté du Christ est totalement envoûtante. Le Christ, humain et divin,lorsqu'il rencontrait quelqu'un, l'aimait pour ce qu'il était. Nous aimons souvent l'autre en surface, et pas pour ce qu'il est au fond de lui. C'est le magnifique devoir d'un chrétien que d'aimer sans a priori. C'est aimer aimer l'autre sans étiquette, sans classification religieuse, ni ethnique, ni sociale, ni professionnelle... Aimer le riche comme le pauvre, aimer le Français de souche comme notre frère étranger.
Pour celui qui est bon, il n'y a pas six milliards de personne dans le monde, il n'y a qu'une personne devant lui, celle qu'il rencontre en ce moment même.
Une seule personne existe, celle que tu res, celle que tu regardes. (...)
Guy GILBERT
19 juin 2009
LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE
Prier en famille
Pour que la famille soit un rempart contre la violence, il paraît nécessaire de faire face à ses différents aspects. La violence est un désordre, une dysharmonie. Le monde est déboussolé. Il a perdu le nord, plutôt son Orient : il est désorienté. Pour le sortir de la violence, il faut le réorienter. Et cela commence dans la famille, qu'il faut, dans ce but, orienter vers sa vraie fin qui est la béatitude céleste : autrement la communion d'ici-bas nous prépare à la communion éternelle.
Une famille bien orientée, comme une personne bien orientée, est une famille qui sait que sa destinée est éternelle. Son but, c'est le ciel, c'est de réaliser cette grande famille que nous appelons la communion des saints. Or ce projet qui ne se réalisera parfaitement qu'au retour du Christ, il nous est donné de le mettre déjà en oeuvre. le Royaume est au milieu de vous, annonce Jésus dès le début de sa prédication. C'est la communion de ces cellules vivantes qui fera le tissu vivant de la société dont la vocation est d'être une communauté de communautés. Chacune de ces cellules vivantes de ce corps vivant réalise, à sa taille et à sa portée, ce qui est le but final de toute la famille humaine : vivre ensemble dans l'harmonie. Il ne faut pas perdre de vue ce but et il faut bâtir toute la vie de sa famille dans cette perspective. Cette bonne orientation de la famille et de chaque personne trouve son expression privilégiée dans la prière en famille. On ne saurait trop insister sur son importance. La prière tourne vers Dieu. Elle oriente toute la famille vers ce qui est son but ultime. Un but qu'elle met en oeuvre par sa vie même, sa vie de famille ! C'est le moment où on se tourne vers le Créateur qui est aussi un Père pour lui remettre la vie de chacun de ses enfants, où on lui demande de conduire chacun, tous ensemble, dans le bon sens et de montrer le chemin.
Dans ce moment de silence devant Dieu, quand on reprend un parole simple de l'Écriture, quand on reprend les paroles de l'ange à Marie, ou quand on redit la prière que le Seigneur nous a commandé de dire, on peut dire qu'on fait une oeuvre de reconstruction du monde. Voilà précisément ce que le monde à oublié, et ce qu'il refuse : orienter toute sa vie vers Dieu. La famille, cette petite Église, est le premier lieu de la célébration de la Gloire de Dieu.
On ne saurait mener à bien cette oeuvre sans la force de Dieu, sans son intervention, car la violence est partout tapie, prête à bondir et à tout casser. Bienheureux les doux, ils auront la terre en héritage, a dit Jésus.
Apprendre à aimer.
Pour faire face à la haine qui règne dans le monde, il faut tout mettre en oeuvre pour faire de la famille un lieu où l'on s'aime. On devrait pouvoir écrire à la porte de chaque famille : Ici on s'aime. Ce devrait être une banalité de dire que les liens familiaux qui unissent l'époux et l'épouse, les enfants et leurs parents, les parents et leurs enfants sont fondés sur l'amour. Mais nous savons bien que ce n'est pas toujours vrai. A quoi cela tient-il ? Comment se fait-il que l'amour ne règne pas toujours dans les familles ? Il semble que fondamentalement cela vient de ce que l'on a oublié qu'aimer procède d'un commandement. Aujourd'hui on conçoit l'amour comme quelque chose qui coule de source, quelque chose de spontanée, naturel et automatique. C'est une grave erreur.
C'est ce que nous disons aux fiancés que nous préparons au mariage : vous vous aimez ,c'est bien ! mais le plus probable c'est que vous aimez qu'on vous aime. En aimant l'autre, c'est vous que vous aimez. Certes, c'est un bon début, sans doute nécessaire. Mais si vous continuez dans cette ligne, vous allez lentement dériver, chacun s'aimant soi-même plus que l'autre. Peu à peu en ne trouvant plus l'autre aussi disponible qu'aux premiers jours, l'amour va s'affaiblir. Puis, dans un dégradé impitoyable, il va virer à l'indifférence, de l'indifférence au mépris, du mépris au conflit, du conflit à la haine et de la haine à la violence.
Chacun , en soi et en famille, doit sans cesse se rappeler que si le Seigneur à donner l'amour comme commandement, ce n'est pas par hasard et ce n'est pas facultatif.
Mon commandement est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.(Jean 15,12) Si c'était simple et facile, il ne serait pas nécessaire d'en faire un commandement. Il suffirait de dire : suivez votre pente, laissez-vous aller à ce qui chez vous est spontané : aimer. Mais il n'en est pas ainsi. Il faut apprendre à aimer. La famille est le lieu par excellence qui nous est donné pour apprendre à aimer.
La famille est une école de l'amour. Cela ne vient pas tout seul. C'est même extrêmement difficile. Cela implique une disposition intérieure vraiment spirituelle. Aimer l'autre pour lui-même, tel qu'il devient avec l'âge, tel qu'il évolue dans son caractère et dans ses convictions. Aimer l'autre tel qu'il est, comme j'attends moi-même d'être aimer pour moi-même. Voilà encore un autre commandement du Seigneur : Aimer les autres comme soi-même, c'est-à-dire, aimer les autres non pas comme je m'aime moi-même, ce qui serait de l'égoïsme, mais aimer l'autre de la façon dont je veux être aimer moi-même. Pour cela une seule solution : aimer l'autre comme un don reçu de Dieu. Voilà ke prix à payer pour que la violence que chacun porte en lui ne se déchaîne pas, mais qu'elle soit au contraire transformée en valeurs positives
Alain QUILICI o.p.
18 juin 2009
LA FAMILLE REMEDE A LA VIOLENCE
La famille lieu de pardon.
"Qui sème le vent récolte la tempête." Comment sortir de cet engrenage ? Pour que la famille soit un antidote à la violence, il faut se rappeler qu'elle est par excellence le lieu du pardon. On sait l'importance que le Seigneur attache au pardon, Il nous demande de pardonner "soixante-dix fois sept fois."
Le pardon est l'antidote de la violence. La violence engendre la violence, la loi de la vendetta est partout. 'Oeil pour oeil, dent pour dent." La violence conduit à la vengeance et la vengeance entraîne dans un cycle infernal qui n'a pas de fin. On n'en sort que par le pardon. Sur la croix, Jésus pardonne ou plutôt il demande à son Père de pardonner. Mais dans les relations familiales, la référence est plutôt la parabole du Père qui avait deux fils dont l'un quitte la maison et l'autre y reste. L'attitude du père de la parabole nous est proposée comme modèle. Nous sommes en effet toujours dans la situation d'avoir à pardonner ou d'avoir à demander pardon, offensés ou offenseurs. Comment en sortir ? Si nous étendons notre regard aux dimensions du monde, nous voyons bien que la seule solution aux plus terribles conflits d'aujourd'hui - cette escalade de la violence qui conduit à d'autres violences - c'est le pardon.
Le pape Jean Paul II l' a magnifiquement montré en allant dans le monde entier demander pardon même pour les offenses du passé. Il s'est humilie et n'a pas toujours été compris, car sa démarche ne visait pas la publicité. Il Il ne s'attendait pas d'ailleurs à être compris des journalistes. Sa démarche était profondément chrétienne et évangélique. C'est à Dieu qu'il demandait pardon en s'adressant aux hommes, car il savait que la seule sortie du cycle infernal de la vengeance, c'est la demande du pardon et l'acte de pardonner. C'est un mouvement difficile à amorcer et on ne manquera pas de traiter les chrétiens de rêveurs. Mais il est dans la logique du commandement de Jésus qui semble si difficile à suivre : Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, dent pour dent. Et bien moi je vous dit de ne pas tenir tête au méchant. Au contraire, quelqu'un te gifle-t-il sur la joue droite, tends-lui l'autre (Matthieu 5,38). Et d'ailleurs :Si vous aimiez ceux qui vous aiment, quel gré en saura-t-on ? (Luc 6,32) ; Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. (Luc 6,35)
La véritable originalité du christianisme, est dans le pardon. Il est le vrai défi qui nous est lancé dans le climat de violence que nous connaissons Faute de pouvoir le vivre à l'échelle mondiale, du moins pouvons nous essayer de le remettre en oeuvre dans nos familles. Si la famille n'est pas le lieu où j'ai la certitude d'être pardonné, où trouverai-je le pardon ? Désespérer de quelqu'un c'est le pousser au désespoir, à écrit Emmanuel Mounier.. Si nous étions convaincus que ne nous pardonnerait pas nos fautes les plus graves nous serions poussés au désespoir. C'est sans doute ce qu'a vécu Judas : il a désespéré du pardon de Dieu. Il s'est dit : ma faute est trop grande. Il s'est fait violence. Ce n'est pas une bonne sortie. (à suivre)
Alain QUALICI o.p.
21 décembre 2008
Je voudrais...
Je voudrais être la main qui sèche tes larmes
Je voudrais être la main qui caresse ta joue
Je voudrais être la main d'une amie
Je voudrais donner le plus beau à ton coeur
Je voudrais t'enlever le malheur
Je voudrais faire ton bonheur
Je voudrais que ta vie soit belle
Je voudrais faire danser les étincelles
De joie, de paix, d'harmonie
Je voudrais que le Père Noël soit vrai
Et descende par ta cheminée
Et te dise pour moi "Je t'aime mon petit Coeur"
Yolande St-Hilaire
22 septembre 2008
BENOÎT XVI

Il avance lentement.
Sa démarche est souple.
Les mains se tendent. Gosses, ados, adultes, vieillards veulent toucher le vieil homme.
Sa bague trop large lui est parfois retirée. Mais toujours rendue.
Propulsé sur le siège de Pierre à un âge déjà avancé et passer du rôle de penseur théologien durant des décennies à cette foule qui le presse est pour lui totalement nouveau.
Il s'essaie à cet exercice avec le regard timide et étonné de quelqu'un qui ne s'habituera jamais. Et c'est bien ainsi.
La fragilité de l'homme Joseph transcende l'autorité suprême de Benoît, vicaire du Christ.
Il salue chaque groupe avec affection. Les yeux brillants de fraternité, il nous lit quelques feuillets de méditation dans plusieurs langues.
L'enseignement est simple, court et nourrissant.
L'audience n'est pas longue, alternant chants, ovations et silence absolu.
Il descend alors vers nous.
Mon blouson noir ne l'inquiète pas. Il s'enquiert de mon ministère qu'il doit connaître ayant lu il y a 20 ans « un prêtre chez les loubards ». Je lui offre mon dernier livre. « Je lis peu » me confie-t-il. Ses yeux s'illuminent de joie quand je salue sa présence dans la mosquée bleue d'Istanbul.
Il me presse la main longuement et repart lentement, entouré de ses gardes suisses. Je demande à Georges, son secrétaire playboy, quelques chapelets qu'il s'empresse de m'offrir.
Ce sont ces fameux gardes suisses qui m'ont reçu au Vatican.
J'ai pu me baigner dans la vie de ces gardes du corps pacifiques qui veillent avec passion sur le pape.
L'un me confie qu'il est frappé par les côtés « sombres » de l'Eglise.
L'autre, Grégoire, m'avoue que sa foi vacillante est « renforcée » par la présence universelle de l'Eglise.
Les tâches de ces jeunes sont dures. Les horaires des innombrables réceptions officielles laissent peu de temps libre à ces soldats du pape, passionnés par leur tâche.
Le colonel de la garde m'invite à visiter les jardins du Vatican. Rêve d'enfance accompli. Mettre mes pas dans ceux de nombreux papes, foulant des allées où ils ont médité longuement sur les tempêtes et la mer calme où vogue l'immense vaisseau ecclésial est joie secrète.
Mes pas arpentent les rues de Paris. Portés par l'Eglise que je sers, ils me semblent plus légers.
Chacun de nos pas fait avancer l'Eglise.
Guy Gilbert
