08 octobre 2009
Rechercher la vie éternelle.

Le jeune homme riche a un bon coeur mais il reste attaché aux biens de ce monde : en fait son cœur est partagé. Comment en arrivons-nous à cette conclusion ? En appelant Jésus comme le « bon Maître », il reconnaît en lui la présence de la Sagesse pour laquelle « tout l'or du monde n’est qu’un peu de sable ». Sa question est profondément juste. À l'inverse du philosophe Kant, pour qui la question fondamentale de la morale est « qu’est-ce que je dois faire ? », cet homme, que l'évangéliste Marc ne nomme pas – et qui en fait vise tout homme – interpelle Jésus de manière spirituelle : « Que dois-je faire de bon pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Loin de rechercher à appliquer les nombreux commandements de la Torah pour avoir la conscience tranquille – ce qu’il affirme déjà faire depuis son enfance – le jeune homme veut devenir héritier de Dieu. En fait, il veut participer à la vie même de Dieu. Mais voilà, son cœur est attaché à ses « biens » et le texte dit qu’ils sont « nombreux ». Jésus, qui voit la profondeur de ses intentions, « pose d’abord son regard sur lui, se met à l'aimer », mais il l'invite ensuite à poser l'acte décisif : tout donner aux pauvres et le suivre. Car pour le Fils de Dieu, la vraie richesse ne réside pas dans l'accumulation des biens : elle se situe dans tout abandonner pour le suivre
Avec Dieu tout est possible, même si c’est difficile : mettons notre confiance d’abord en lui pour devenir vraiment riches, à savoir hériters de son Royaume.
Extrait de Feu et Lumière d'Octobre 2009 (n° 287)
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béat
03 octobre 2009
L'HOMME ET LA FEMME SONT UN

L'homme et la femme sont fait pour vivre dans l'unité l'un avec l'autre et cela pour une raison simple. L'unité originelle entre eux précède toute forme de divisions, qui sont la conséquence du péché originel. Ils ont été créés pour se reconnaître, « voici l'os de mes os, la chair de ma chair », mais aussi pour quitter leurs attaches naturelles familiales et ne faire « qu’une seule chair ». Voilà pourquoi Jésus s’adresse aux pharisiens, tatillons sur la Torah, en recadrant leur interprétation. La Loi proclamée par Moïse était un progrès, car les hommes pouvaient à cette époque se séparer comme ils le voulaient de leur épouse, la laissant sans droit. Jésus quant à lui va au cœur du problème : il regarde la cause des séparations, à savoir « l'endurcissement des cœurs ». Créés par un Créateur qui est Dieu, pleinement unifié dans l'amour, les hommes et les femmes, créés à l'image de ce Dieu d’amour, sont appelés à refléter entre eux cette unité de l'Amour. Les attributs de Dieu déterminent ainsi la vocation du mariage : être fidèle, comme Dieu est fidèle ; faire confiance comme Dieu fait confiance à notre liberté ; vivre dans la communion comme Dieu est communion d’amour entre le Père, le Fils et le Saint Esprit. Autant de qualités qui donnent aux époux un cœur pur, à l'inverse de toute volonté de renvoyer sa femme ou de commettre un adultère
Demandons au Seigneur la grâce d’aimer son ami(e), sa fiancée, sa femme et les tous les autres avec un cœur pur.
Extrait de Feu et Lumière de Septembre 2009 (n° 286)
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
02 octobre 2009
LECTION DIVINA ET LE ROSAIRE(3)

Le Rosaire : de la lecture à la contemplation, avec Marie
Le Rosaire est une démarche de lection divina avec Marie. Dans un premier temps nous lisons un passage de l'Ecriture qui relate un mystère du Rosaire. Puis nous le méditons. Vient ensuite la prière : elle prend dans le Rosaire une dimension apostolique. Elle se traduit par une intention de prière qui accompagne chaque Mystère : ce sont tous les besoins des hommes que, dans le Corps du Christ, nous présentons à Dieu par Marie. Nous demandons que les Mystères de la vie du Christ transfigurent tous les hommes, dans la situation où chacun se trouve.
Enfin nous contemplons. Une dizaine de Réjouis-toi où la clausule est greffée sur le nom de "Jésus", sert de support à la contemplatio, du Seigneur tel qu'il s'est dévoilé dans le Mystère médité.
Le Notre Père
UIne dernière question se pose. Pourquoi la contemplation de chaque Mystère, est-elle précédé du Notre Père ? Cette pratique correspond à un sens très raffiné de la prière chrétienne, qui est adressée au Père, comme le Seigneur nous l'a appris justement dans le Notre Père. Toute prière est prière des fils à leur Père. Mais nous ne sommes fils que dans le Fils et à son image. D'où la nécessité de contempler longuement les mystères du Seigneur pour lui devenir semblable et dire avec toujours plus de vérité Notre Père.
Le Notre Père garantit la dimension chrétienne Chrétienne de la prière du Rosaire. Ce n'est pas une prière qui s'adresse à Marie mais au Père. Nous associons notre prière à celle de Marie qui exulte de joie en contemplant le Mystère du salut qui s'est déployé dans toute la vie de son Fils. Ce Mystère du Salut n'est pas autre chose que notre conversion : Jésus nous apprend par ses paroles et par ses actes à nous tourner vers Lui, en Lui, et par Lui, vers Notre Père.
Soeur Marie-Ancilla o.p.
30 septembre 2009
LA LECTIO DIVINA ET LE ROSAIRE (2)

Le Christ est la Tête, nous sommes ses membres. Tout ce qu'il a vécu, nous l'avons vécu avec Lui : nous étions en Lui quand il a été tenté au désert par le diable,nous étions en lui quand il est né à Béthléem, nous étions en Lui quand ul a été baptisé dans le Jourdain, et surtout nous étions en Lui dans sa passion et sa mort sur la Croix, et aussi dans sa résurrection : la où est la Tête, là sont les membres. Mais nous avons à développer librement cette grâce, à la faire grandir. Le Rosaire contribue à cette croissance.
La contemplatiopn des Mystères nous fait don entrer dans le dessein de Dieu, nous fait communier à l'amour qui le porte. N'oublions pas que la Résurrection n'est pas un évènement passé : c'est aujourd'hui que le Christ s'offre à son Père et il s'offre tout entier. Donc lorsque nous entrons dans cette offrande, nous sommes en lien avec toute le vie de Jésus, depuis son Incarnation jusqu'à son Ascension.. Et nous sommes touchés, transformés par le contact avec toute sa vie.. La foi devient alors sagesse : elle nous fait saisir de l'intérieur le dessein de Dieu réalisé dans les Mystères, nous y fait trouver du goût, nous fait trouver notre joie à le repasser dans notre coeur, comme Marie. Saint Ignace demandait à Dieu "la connaissance intime afin de mieux l'aimer et le suivre". c'est demander avec l'Ecriture, "la foi [qui] opère par la charité." (Galates 5,6)
Qu'est-ce que contempler ?
Lecture, méditation, prière ; ce sont des mots qui nous sont familliers "Contemplation" l'est moins. Il semble su'elle soit réservée à des mystiques qui sont au dehors du communs des mortels. Or la contemplation fait partie de la vie chrétienne : elle est une connaissance expérimentale des choses divines. Elle n'aligne pas des concepts, ne recourt pas au raisonnement. Elle s'appuie sur l'intuitionb qui donne une perception globale ; procédant du coeur, elle est affective ; elle goûte la Parole de Dieu qu'elle approfondit, en demeurant parfois longuement sur le même objet ; elle s'accompagne en générale d'une lumière et d'une paix quio rassasient l'âme.
La contemplation est donnée pendant la lectioo divina de façon totalement gratuite, même si les trois premioers barreaux de l'échelle y prédisposent : "Le Seigneur, dont le regard se pose sur les justes et qui non seulement écoutent leurs prières, mais se renbd attentif au coeur même de la prière qui n'attend pas que celle-ci soit tout à fait achevée. Il interrompt cette prière au milieu de son cours ; il se présente à l'improviste, il se hâte de venir à la rencontre de l'âme qui le désire, baigné de la rosée d'une céleste douceur." (Guigues le Chartreux.) La contemplarion est la douceur de la communion au Verbe lui-même, dans le silence : par l'action de l'Esprit, nous sommes unis à Jésus et conduit vers le Père.
La contemplation prend alors la relève : le Seigneur vient en celui qui l'a cherché. "On n'est plus en peine de chercher au mouen de la méditation des aiguillons d'amour, mais on jpuit du même amour trouvé et souhaité." (Louis de Grenade)
La contemplation est une certaine élévation en Dieu de l'âme attirée au dessus d'elle-même et savourrant les joies de la douceur éternelle. La contemplation goûte la nourriture, la contemplation est la douceur même qui réjouit et refait. La contemplation établit dans la jouissance de la douceur obtenue.
(à Suivre)
29 septembre 2009
LA LECTIO DIVINA ET LE ROSAIRE (1)

La lectio divina nous introduit dans la véritable connaissance de l'Ecriture. Par elle, nous nous nourrissons de la Paorle, nous entrons en relation vivante, cordiale, avec le Christ ; notre coeur comme celui des disciples d'Emmaüs devient brûlant en découvrant la présence vivante du Seigneur dans l' Ecriture . Les Ecritures en effet, sont le prolongement de la chair du Christ, elles sont véritablement un sacrement. Tout en elles "rend le son du Christ", dit Saint Augustin. Et Jérôme : "Igrorer les Ecritures, c'est ignorer le Christ."
L'Ecriture est une page divine, une lection divina, car l'auteur en est le Saint Esprit. Par extension, cette expression en est venue à désigner une certaine forme de lecture de l'Ecriture Sainte : les Pères de lm'Eglise l'ont reçue du Judaïsme et, au Moyen Age, elle a pris unne certaine forme structurée avec Guigues, le Chartreux : "Un jour qu'occupé aux traveaux manuels, je m'étais mis à réfléchir sur l'exercice de l'hopmme spirituel, quatre degré spirituel se présentèrent à moi : la lecture, la méditation, la prière, la contemplation. C'est l'échelle des moines, celle qui les élève de la terre au ciel. Ces degrés ne sont pas nombreux,, mais ils sont d'une grandeur immense et incroyable. Leur base est fixée à la terre, leur extrémité supérieure pénètre les rues et entre dans les secrets des cieux. Les degrés se distinguent par leur nom et par leur nombre, aussi bien par leur ordre que par leur emploi./ [...] La lecture est un regard attentif jeté sur les Ecritures avec application de l'Esprit. La méditation est l'action studieuse de l'âme, recherchant sous la conduite de sa propre raison, la connaissance d'une vérité cachée. L'oraison est l'attention du coeur vers Dieu, pour éloigner le mal et obtenir le bien. La contemplation est l'élévation vers Dieu de l'âme de l'âme suspendue en l'air et goûtant les délices de l'éternelle douceur."
Le Rosaire est est une école parmi d'autres, qui permet de gravir les quatre degrés de l'échelle de Guigues le Chartreux : la lecture la méditation, la prière, la contemplation. Il conduit plus précisément à la contempention des Mystères de la vie du Christ.
La contemplation des Mystères
Le coeur de notre prière, comme de toute notre vioe, est notre lien avec Jésus. Mais le Christ se ne s'atteind que dans son Mystère : il est l'envoyé du Père qui vient accomplir son desein de salut. Nous le touchons quand nous entrons dan son oeuvre de salut, quand au pied de la croix nous recevons l'Esprit qui nous donne l'intelligence du Mystère, quand nous entrons nous-mêmes dans une relation filiale avec le Père. L'Ecriture alors s'éclaire et, tous frères, nous sommes engagés dans la mission qui a été celle de Jésus : rassembler tous les hommes dans l'unité, les ramener au Père et ainsi glorifier le Père : la gloire du Père, c'est de voir venir à lui la foule de ses fils. N'est-ce pas là que se trouve le poids de son amour ? Ce:a chaque Eucharistie le réalise un peu p^lus en nous entrainant dans un mouvement d'ascension.
Chacun des actes de la vie de Jésus est tendu vers la passion et la résurrection, en reçoit un poids de vie, un poids de salut. Le coeur du Mystère, c'est bien la croix et la résurrection . Les Pères de l'Eglise ont ainsi appelé "mystères" tous les actes de la vie du Christ, de son Incarnation à sa Pâque. Ceux-ci ont un sens caché qui se dévoile sous l'action de l'Esprit, comme lorsque Jésus expliquait les Ecritures aux disciples d'Emmaüs. L'Esprit nous donne de saisir le sens caché. Tous les passages de l'Evangile portent en effet la marque trinitaire, de l'Incarnation et de la Pâque, de l'humilité. Bref, ils portent tous la marque du Mystère ; ils sont tous un moment de la réalisation du dessein de Dieu et sont donc reliés à tout l'Ancien Testament.
Les évangiles comportent quatre temps : l'enfance de Jésus, la vie publique, la mort et la résurrection ; se sont les quatre groupes de Mystères que comportent le Rosaire. Chacun exprime l'amour : la charité du Père qui veut faire de nous des fils dans son Fils, et l'amour présent dans le coeur du Christ. Que désire le Christ, sinon réaliser le dessein du Père, sa volonté ? Il est tendu vers sa Pâque, vers son passage vers le Père, pour nous entrainer avec lui.
Soeur Marie-Ancilla o.p. (à suivre)
25 septembre 2009
LA CENTRALIT2 DE LA FOI

Le trésor des trésors est la foi en Jésus et cela, le Christ l’exprime de quatre manières. Non seulement il invite à soutenir ceux qui agissent « en son nom », même si nous ne les connaissons pas, mais aussi à honorer les serviteurs discrets qui aident par un simple verre d’eau « ceux qui appartiennent au Christ ». La réponse de Jésus à leur égard est directe : leur service « ne restera pas sans récompense ». L’importance de la foi est davantage mise en évidence lorsqu’il s’agit de ne pas faire chuter les petits. Le scandale – qui renvoie étymologiquement à la pierre sur laquelle le pied trébuche – est de mettre en péril leur fragile amour pour Dieu. Le quatrième élément de discernement, et peut être le plus important, est de se positionner définitivement « pour » ou « contre » Jésus. Voilà qui a le mérite de la clarté. Certes Jésus le dit lui-même, si on n’est pas contre lui, on est pour lui, mais cette proposition se veut aussi positive et cela non sans radicalité : « Si ta main t’entraîne au péché, coupe la » et ainsi de suite pour l’œil et le pied. L’alternative présentée par le Christ est donc tranchée ! Son sens n’est pas d’inviter à l’automutilation mais de signifier que la foi est vitale : d’un côté se présente au croyant le Royaume de Dieu, de l’autre au pécheur la géhenne. Une telle opposition renvoie à la primauté de la grâce : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire ».
Dès lors, n’hésitons pas à demander à Dieu comment le mettre en premier dans notre vie afin de « tout » vivre « à partir du Christ ».
Extrait de Feu et Lumière de Septembre 2009 (n° 286)
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
24 septembre 2009
LA COMPASSION

La compassion brise le coeur
Acceuillir la compassion devrait se décliner au passif, car c'est d'abord accepter d'être accueilli, d'être recueilli, comme le prodigue accueilli avec des paroles de fête par son père qui se jette à son cou sans demander aucune explication, sans aucune question sur le passé. Accueillir la compassion c'est toujours dire avec le prodigue : "Je ne suis pas digne.." et supplier avec le centurion : "Dis une parole et je serai guéri". Le salut est une guérison puisqu'il nous rétablit dans la vérité de notre être d'enfant de Dieu, il nous remet en santé par rapport au péché qui nous a mené à la mort, il nous fait renaître à la vie
La démarche entreprise s'accompagne toujours d'une brisure du coeur. Ce qui se brise, c'est le coeur de pierre. Il est dur, donc capable d'être cassé. Et s'il rerncontre un amour compatissant, il se brise, car l'amour est transformant. On s'attendait à être jugé et l'on se retrouve libéré. Le coeur de pierre peut devenir un coeur de chair, renouvelé, "un coeur liquide" selon l'expression du curé d'Ars. Le coeur de pierre, dans sa dureté, demeure sous l'emprise de la crainte, justement celle de se casser. Mais s'il devient liquide, il ne craint plus rien : il ne sait que couler !...
SOEUR DOMINIQUE RACINET o.p.
(extrait du livre : Saint Dominique, le visage d'un coeur)
15 septembre 2009
ART ETR FOI

LA CENE
Frère Jean-Michel Maldamé o. p.
La représentation du dernier repas de Jésus avec ses disciple illustre bien le souci d'actualiser le mystère. Fra Angelico ne reconstitue pas le cadre du repas pascal juif au cours duquel, selon les évangiles synoptiques et saint Paul, Jésus a institué l'Eucharistie. Il présente une table sur laquelle il n'y a ni plats, ni couverts, ni vase de fleurs... Fra Angelico s'inspire de la célébration de la messe telle qu'elle était faite à son époque slon le rite latin. Les apôtres ne sont pas tant des convives que des "premiers communiants" qui reçoivent avec piété et dévotion la communion de la main du président de l'assemblée eucharistique. Du repas, Fra Angelico n'a gardé que la table et la nappe blanche mise pour le repas.
Pour la lisibilité du mouvement,lmes apôtres qui auraienrt dû tourner le dos au spectateur ont laissé leur tabouret et se sont mis à genoux. Parmi eux, l'auréole noire signe Judas que l'on ne voit pas, car ce groupe est caché par lme premier qui joint les mains. Par le jeu des mains les sentiments des apôtres sont manifestés : mains jointes à différentes hauteurs, mains croisées sur la poitrine ou mains levées ou posées sur la table. Par ces attitudes la prière est exprimée : action de grâce et de louange, intercession, offrande. il y a aussi place pour un échange de parole, puisque les apôtres se tournent les uns vers les autres. Marie est présente, à genoux dans une attitude qui est analogue à celle de son Fils qui se donne. L'ouverture des fenêtres laisse voir la maison où habite les frères. On reconnait le toit et les fenêtres des cellules. L'ouverture à droite laisse place à un regard sur le puits qui centre le cloître. Ainsi l'Eucharistie est-elle le centre de la vie de toute la maison. La cellule où le frère prie en silence prolonge la célébration. La présence eucharistique venue en lui par la communion au sacrement du corps et du sang du Signeur rayonne dans le monde.
12 septembre 2009
ART ET FOI

La prédication de Jésus
d'après Fra Angélico
Fr Jean Michel Maldamé o. p.
Une part importante de la vie de Jésus de Jésus a consisté à annoncer la Bonne Nouvelle. Celle-ci n'est pas seulement discours religieux ou élévation mystique, elle est un programme de vie. Aussi elle comporte une loi qui doit prendre en compte toute la vie nouvelle. Jésus est ainsi celui qui à l'instar de Moïse indique qu'elle est la voie. Pour bien montrer que Jésus est le nouveau Moïse, l'évangile de Matthieu a regroupé diverses paroles de Jésus en un grand discours. Ce discours est prononcé par Jésus dont il est dit "qu'il sassit" - le fait de siègerest signe d'autorité ! L'évangile précise que Jésus est sur un montagne. Le lecteur comprend que Jésus accomplit ce que signifiait la montée de Moïse au sommet du Sinaï ; y a cependant une grande différence. La révélation au sommet du Sinaï s'était faite dans le bruit et l'éclat d l'orage et de la tempête ; la parole de Jésus vient dans la douceur et la proximité. Fra Angélico a eu le souci de bien le montrer.
Jésus n'est pas entouré dans un halo de gloire. Jésus est simplement assis à même le sol ; il n'est pas entouré par une grande foule, mais tout simplement par ses disciples qui sont assis autour de lui en toute simplicité. Jésus n'est pas un maïtre autoritaire, dogmatique ou doctrinaire ; il est parmi les siens comme un frère parmi ses frères, comme un ami parmi ses amis, lui qui est "doux et humble de coeur". L'attitude des disciples est faite d'attention ; tous ont les yeux levés vers le visage du Christ sauf un. Conformément à la tradition picturale de l'époque, il y a dans un groupe quelqu'un qui se tourne vers la personne qui regarde la scène : par l'échange des regards se fait un communication et un échange, le rayonnement de l'image vient à elle et d'une certaine manière l'introduit dans le cercle. C'est ce qui advient au frère qui prie dans sa chambre. Remarquons le mouvement des mains de Jésus : l'une désigne le ciel où siège symboliquement Dieu l'invisible et transcendant ; l'autre tient un rouleau. Il s'agit de la Thora car Jésus n'est pas venu "abolir, mais accomplir la Loi de Moïse". Cette métamorphose consiste en une radicalisation et un intériorisation des préceptes mosaïques. Le frère est aussi invité à se souvenir que celui qui aura mis en pratique et enseigné ces préceptes qui sont des paroles de vie, sera grand dans le Royaume de Dieu. La contemplation est ici orientée vers la mission de l'ordre de prêcheurs qui ont le souci d'actualiser la parokle de Dieu.
11 septembre 2009
JESUS

Jésus soit mon espoir, Jésus soit ma liesse.
Jésus soit mon savoir. Jésus soit ma richesse.
Jésus soit ma défense, et Jésus soit mon roi.
Jésus soit mon bon heur, et Jésus soit ma loi.
Jésus soit mon désir. Jésus soit mon envie.
Jésus soit en mon goût, et dedans mon ouïe.
Jésus vive toujours dans mon entendement
Jésus soit mon désir et mon contentement.
Jésus soit en mes yeuix. Jésus soit en ma bouche.
Jésus soit en mes mains et en ce que je touche.
Jésus soit mon sentier. Jésus soit mes pas.
Jésus me soit Jésus le jour de mon trèpas.
Anoinylme, XVII siècle
