Lumière dans la vie

Spiritualités,méditations,prières,

18 décembre 2009

TRTESSAILLIR AVEC JESUS

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Élizabeth, mère de Jean le Baptiste, tressaille en rencontrant Marie, mère de Jésus. Retenons une question : « qui » est ce Jésus qui provoque le tressaillement de jean dans le sein de sa mère, et que nous allons bientôt adorer dans la crèche ? Soyons précis dans l'usage des mots pour éviter toute forme de malentendu. Jésus n’est pas seulement un homme (hérésie arienne), ni seulement une apparence d’homme (hérésie du modalisme), ni juste un homme qui deviendrait Dieu uniquement à sa résurrection (hérésie de l'adoptionnisme). En vérité, Jésus est cet homme parfaitement uni à Dieu en sa Parole. Il est l'homme véritable uni au Dieu véritable qui depuis toujours nous parle en créant. Paul dit de lui qu’il est « le premier de tous » et qu’en lui « toutes choses, l'univers entier, trouve sa consistance ». Pourquoi ? Car « tout fut créé par lui » mais aussi « pour lui ». Dans cet homme « habite corporellement toute la plénitude de la divinité ». En Jésus la perfection de Dieu est rendue accessible à l'homme. Celui-ci, inachevé, trouve en Jésus l'achèvement de son humanité. Jésus n’est donc pas qu’un homme. En lui le « Verbe s’est fait chair », ce qui signifie que Dieu tout entier s’est uni à l'homme tout entier.

En ces jours qui précèdent Noël, demandons à Dieu la grâce de tressaillir en sa présence et de reconnaître en Jésus Christ notre origine.

Extrait de Feu et Lumière de Décembre 2009 (n° 289)



P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes

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15 décembre 2009

SE CONVERTIR


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Se convertir aux appels de Jean Baptiste, qui prépare la voie du Seigneur


      C'est une joie pour moi, frères, d'évoquer avec vous cette voie du Seigneur...dont Isaïe fait un si bel éloge : « Il y aura...dans la terre aride et déserte, un chemin et une route... Cette route sera appelée voie sacrée » (Is 35,7-8), parce qu'elle est la sanctification des pécheurs et le salut de ceux qui sont perdus...

      « Aucun impur n'y passera. » Cher Isaïe, ceux qui sont impurs passeront donc par une autre voie ? Ah non ! Que tous viennent plutôt à cette route-ci, qu'ils y avancent ! C'est surtout pour les impurs que le Christ l'a tracée, lui qui « est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10)... Alors l'impur va passer par la voie sacrée ? A Dieu ne plaise ! Aussi souillé qu'il soit en l'abordant, il ne le sera plus quand il y passera ; car dès qu'il y aura mis le pied, sa souillure disparaîtra. La voie sacrée, en effet, est ouverte à l'homme impur, mais dès qu'elle l'accueille, elle le purifie en effaçant tout le mal qu'il a commis... Elle ne le laisse pas passer avec sa souillure, car elle est la « voie resserrée » et pour ainsi dire, le « trou d'aiguille » (Mt 7,14; 19,24)...

      Si donc tu es déjà sur la route, ne t'en écarte pas ; sinon, le Seigneur te laisserait errer dans la « voie de ton propre coeur » (Is 57,17)... Si tu trouves la route trop étroite, considère le terme où elle te conduit... Mais si ton regard ne va pas jusque-là, fais confiance à Isaïe, le voyant. Lui qui distinguait à la fois l'étroitesse et le terme de la route, il ajoutait : « Sur ce chemin marcheront les libérés, les rachetés du Seigneur ; ils arriveront à Sion avec des clameurs de joie. Un bonheur sans fin transfigurera leur visage. Ils obtiendront allégresse et joie. Douleurs et plainte prendront la fuite » (35,9-10).


Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
5e sermon pour l'Avent (trad. Sr. Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p.





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12 décembre 2009

Reconnaître la grandeur de Jésus


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Voilà la question que se posent les foules assoiffées de Dieu venues auprès de Jean le Baptiste. Au-delà des exigences de justice requises à toute vraie conversion, c’est au cœur que leur répond le prophète. Sa requête de justice ne vise pas directement les rapports d’argent et de force ; elle indique une autre dimension que seul le prophète connaît. Une nouvelle ère de justice va s’établir, celle que le prophète Sophonie, sept siècles auparavant, annonçait déjà : « Ne crains pas Sion, le Seigneur est en toi, c’est lui le héros qui apporte le salut, il aura en toi sa joie et son allégresse ». Avec le Seigneur qui vient “en nous”, par la douce présence d’un enfant, une justice intérieure s’établit dans le monde : elle justifie, ce qui n’est pas sans effet. Le cœur ajusté par la grâce de l'enfance spirituelle, le chrétien est joyeux. L'apôtre Paul est à ce titre très clair : « Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien ». Jésus est si grand et la force de son Esprit si puissante, que son action, telle une « pelle à vanner », vient séparer ce qui est de Dieu de ce qui ne l'est pas. En Jésus, le grain de la vie, qui est joie de vivre, est séparé de la paille des fausses joies passagères que le Seigneur fait brûler

À l'approche de Noël, unis à l'enfant Jésus, demeurons dans la vraie joie et demandons à l'Esprit Saint la force de renoncer à ce qui nous attache encore à la tristesse.

Extrait de Feu et Lumière de Décembre 2009 (n° 289)

P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur des livres : La parole, don de Vie, EDB, 2006

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10 décembre 2009

« Le Royaume des cieux subit la violence ; des violents s'en emparent »


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Jean Baptiste nous recommande d'accomplir de grandes choses : « Produisez des fruits dignes du repentir » et encore : « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même » (Lc 3,8.11). N'est-ce pas donner à comprendre clairement ce qu'affirme celui qui est la Vérité : « Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu'à présent, le Royaume des cieux se prend de force ; ce sont les violents qui s'en empare » ? Ces paroles nous viennent d'en haut ; nous devons les méditer avec une grande attention. Il faut rechercher comment le Royaume des cieux peut se prendre de force. Qui peut faire violence au ciel ? Et s'il est vrai que le Royaume des cieux se prend de force, pourquoi cela n'est-il vrai que depuis le temps de Jean Baptiste et non auparavant ?

      L'ancienne Loi...frappait les pécheurs par des peines rigoureuses, mais sans les ramener à la vie par la pénitence. Mais Jean Baptiste, annonçant la grâce du Rédempteur, prêche la pénitence afin que le pécheur, mort par suite de son péché, vive par l'effet de sa conversion : c'est donc vraiment depuis lors que le Royaume des cieux s'est ouvert à ceux qui le prennent de force. Qu'est-ce que le Royaume des cieux, sinon le séjour des justes ?... Ce sont les humbles, les chastes, les doux, les miséricordieux qui parviennent aux joies d'en haut. Mais quand les pécheurs...reviennent de leurs fautes par la pénitence, eux aussi obtiennent la vie éternelle et entrent dans ce pays qui leur était étranger. Ainsi..., en enjoignant la pénitence aux pécheurs, Jean leur a appris à faire violence au Royaume des cieux.

      Frères bien-aimés, réfléchissons donc nous aussi à tout le mal que nous avons fait et pleurons. Emparons-nous de l'héritage des justes par la pénitence. Le Tout-Puissant veut accepter cette violence de notre part ; il veut que nous ravissions par nos larmes le Royaume qui ne nous était pas dû selon nos mérites.    





Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Homélie 20 sur les Evangiles, § 14 (trad. Le Barroux rev.)

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08 décembre 2009

VIERGE IMMACULEE


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Douce Marie, tu es l'Immaculée.
Tu es aussi notre Mère.
Visite-nous tous en ce jour avec toute ta tendresse.

Marie, viens prier en moi, viens vivre en moi et viens aimer en moi.
Marie, permets-moi aussi d'adorer Jésus en toi, de te chanter avec Lui, en toi.

Marie, ta force est en Dieu, et en Dieu seul.
Rends-moi docile tout comme toi.

Douce Marie, tu es l'Immaculée.
Tu es aussi notre Mère.
Visite-nous tous en ce jour avec ta toute petitesse.

N'est-ce pas le jour pour célébrer avec les anges du ciel la bonté Miséricordieuse de Dieu notre Père qui a créé une merveille comme Marie ?
Combien j'aimerais aussi m'unir à son regard de Père pour admirer, contempler sa petite fille, qu'Il a appelée Marie, et en étant docile à la voix de mon Père, me reconsacrer à sa Miséricorde Trinitaire par Marie. Se consacrer à Marie signifie la prendre chez soi et vivre avec elle.

À chaque jour, je pense à toi
En t’invoquant, le cœur confiant;
À chaque jour, je cours vers toi
M’abandonnant comme un enfant.

Dès le matin, je crie vers toi,
Je viens te dire en suppliant
Que j’ai besoin de ton élan
Pour avancer sur mon chemin.

Quand vient le soir, je prie ton cœur
De m’accueillir bien tendrement;
J’ai confiance en toi, Marie,
Que tu sauras guider ma vie.

À chaque instant, fais-moi penser
Que tu es là, tout près de moi
Et dans mon cœur, je chanterai
Tout mon bonheur d’être avec toi.

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05 décembre 2009

Préparez le chemin du Seigneur.


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Le plus grand des prophètes proclame avec force l'importance de se convertir. Mais qu’est-ce qui fonde son ardeur ?
Les juifs de cette époque, comme leurs aînés lors de l’exil à Babylone six siècles auparavant, se sentent abandonnés. Les romains - nouvelle force d’occupation - et l’invasion de la culture gréco-latine, mettent en question la foi des israélites. Autrefois, sur les rives de l'Euphrate, le peuple de Dieu se demandait si leur exil était dû à la victoire des dieux babyloniens. Maintenant à l'époque de Jésus, découragés, les juifs sont tentés d’épouser les mœurs des envahisseurs et d’oublier la religion de leurs pères. Au cœur de ce désespoir, Dieu va parler, mais d’une manière nouvelle. Jean le Baptiste cite le début du second Isaïe - prophète de la consolation d’Israël - et prépare les coeurs à la venue d’un nouveau Serviteur. Il ne sera pas un libérateur politique comme Cyrus. La nouvelle figure messianique aura une identité universelle. S’il faut à nouveau « préparer les chemins du Seigneur », « rendre droit ses sentiers », « abaisser les collines » et « combler les vallées », c’est bien pour convertir les esprits. Une nouvelle ère commence durant laquelle « toute chair verra le salut de Dieu », ce que d’autres auteurs traduisent : « La glorieuse présence du Seigneur va être dévoilée ».

En ce temps d’Avent, au cœur de nos vies et de ce monde, demandons à Dieu de découvrir la grandeur de son amour dans l'enfant de Bethléem.

Extrait de Feu et Lumière de Décembre 2009 (n° 289)



P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes

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28 novembre 2009

Attendre le Christ.

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L'avertissement de Jésus est clair, mais il se veut aussi pédagogique. La société occidentale qui conçoit la liberté selon le libre arbitre absolu a toutes les chances de devoir un jour se remettre radicalement en question. Pourquoi ? Car Dieu, pour une part, ne nous laisse pas le choix. Ce n’est pas nous qui établissons le plan divin, mais lui. Tel un « filet » qui s’abat sur tous les hommes de cette terre, certains événements à venir sont inévitables. Il faut se préparer. Mais à quoi ? Le langage utilisé par Jésus est apocalyptique, c'est-à-dire qu’il veut « révéler » une vérité incontournable. Le Fils de l'homme, qui est Jésus, viendra avec « puissance » et « gloire » dévoiler la Vérité de Dieu qui est Amour. Les catastrophes cosmiques annoncées (soleil, lune, étoiles et fracas des mers) sont autant de symboles par lesquels le Seigneur nous invite à discerner sa volonté : se tenir sur ses gardes pour garder le cœur tourné vers Dieu afin de ne pas être surpris. Recevons ce message non en nous effrayant mais avec responsabilité. A nous de ne pas nous établir sur cette terre attaché aux seules réalités terrestres. Il nous revient de garder notre cœur dans l'attente véritable du Dieu vivant.

Oui vraiment, que cet Avent nous fasse avancer en découvrant davantage la présence de Dieu dans un petit enfant. Mettons le bois de l'amour divin sur le feu de notre désir de vivre.

Extrait de Feu et Lumière de Novembre 2009 (n° 288)

P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur des livres : La parole, don de Vie, EDB, 2006
Libres en Christ, EDB,
2008.

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20 novembre 2009

CHRIST ROI


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La solennité de Christ Roi de l'univers invite à se poser la question ultime : qu’est-ce que le vrai pouvoir ? Tout homme est en effet traversé par une quête de pouvoir et cela est en soi légitime : sur soi d’abord, en apprenant à se maîtriser, sur son avenir, en assurant une certaine sécurité économique, sur sa famille, en stabilisant les relations. Mais bien sûr, le pouvoir peut perdre son sens lorsqu’il devient égocentrique ou absolu. Les voies royales de la perdition sont bien connues, appétits des puissants, quête effrénée de l'argent et du profit, emprise affective sur les proches, contrôle permanent de la liberté d’autrui, dans le travail ou la vie politique. En fait, le puissant est un faux roi parce qu’il n’a confiance ni en l'autre ni en Dieu. Candidat de la force, à l'instar d’Hérode qui contrôlait la terre d’Israël par la violence et la répression sanglante, le puissant se trompe de chemin. Il n’a pas compris que seule la vérité rend libre et que celle-ci a un nom : Jésus-Christ. Le Roi des rois est venu « rendre témoignage à la vérité ». Son pouvoir ne vient pas de ce monde mais de Dieu qui est amour. La vraie royauté se dévoile donc dans la vérité qui devient amour, état qui se discerne clairement dans le visage humilié du Christ : il a fait confiance à son Père jusqu’au bout, malgré l'adversité maximale

En cette fin d’année liturgique, cherchons nous aussi le vrai pouvoir, en demandant au Seigneur de tourner notre regard sur le Christ pour entrer dans la vraie liberté.

Extrait de Feu et Lumière de Novembre 2009 (n° 288)

P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes
Auteur des livres : La parole, don de Vie, EDB, 2006

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14 novembre 2009

La fin des temps.

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Le langage apocalyptique utilisé par Jésus vise le cœur des gens. En parlant d’événements futurs, le Seigneur s’adresse en fait au présent. Pourquoi ? Certes il décrit la fin du monde par des termes éclatants : « terrible détresse », « soleil obscurci », « lune sans éclat ». Cette agitation démesurée du cosmos n’est pas sans devoir être mise en parallèle avec les dangers actuels, écologique, atomique, crise économique mondiale, que traversent notre société planétaire. Sans concordisme, derrière ces descriptions effrayantes, se cache de manière symbolique l'histoire des hommes qui, laissée à elle-même, court à sa perte. Si Jésus parle de la fin d’un monde, c’est bien celui du vieil homme qui est en nous. Cet homme-là doit mourir. Spirituellement il y a lieu d’accueillir positivement l'ébranlement de nos fausses sécurités face à la grandeur de Dieu qui se révèle progressivement. Sa grâce, lentement mais sûrement, redonne à chacun sa vraie place. L'ordre divin détruit les étoiles de notre superbe et en lui s’obscurcit le soleil de notre suffisance. Tout cela est pour notre bien, car il est une vérité définitive qui remet en question tout oubli de Dieu : seul le Seigneur mène « pour toujours à leur perfection ceux qui reçoivent de lui la sainteté ». Sur ce chemin de transformation personnelle, le cœur de l'homme est conduit à se faire « tendre », à savoir, s’ouvrir sans cesse à la présence divine.

Contre toute fuite en avant dans les réalités mondaines, demandons au Seigneur la grâce de le prier pour accueillir notre vie de lui.

Extrait de Feu et Lumière de novembre 2009 (n° 288)

P?re Tanguy Marie
Père Tanguy-Marie
Prêtre de la Cté des Béatitudes

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08 novembre 2009

Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire

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« Elle a tout donné »


      Au Royaume des cieux, tous ensemble, et comme un seul homme, seront un seul roi avec Dieu, car tous voudront une seule chose et leur volonté s'accomplira. Voilà le bien que, du haut du ciel, Dieu déclare mettre en vente.

      Si quelqu'un se demande à quel prix, voici la réponse : il n'a pas besoin d'une monnaie terrestre, celui qui offre un Royaume dans le ciel. Personne ne peut donner à Dieu que ce qui lui appartient déjà, puisque tout ce qui existe est à lui. Et cependant, Dieu ne donne pas une si grande chose sans qu'on n'y mette aucun prix : il ne la donne pas à celui qui ne l'apprécie pas. En effet, personne ne donne ce qui lui est cher à celui qui n'y attache pas de prix. Dès lors, si Dieu n'a pas besoin de tes biens, il ne doit pas non plus te donner une si grande chose si tu dédaignes de l'aimer : il ne réclame que l'amour, sans quoi rien ne l'oblige à donner. Aime donc, et tu recevras le Royaume. Aime, et tu le posséderas... Aime donc Dieu plus que toi-même, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel.




Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
Lettre 112, à Hugues le reclus (trad. Orval)

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